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Time to Click #3 : Sanitarium, un point'n click à l'ambiance malsaine ?

Ecrit par Avorpal, 20 juillet 2015, à 12:29

Il m’en aura fallu du temps pour finir ce nouvel épisode de Time to Click consacré à Sanitarium ! Entre Indiemag qui occupe une partie de mon temps, un déménagement lyonnais éprouvant sous 35 degrés et une bonne prise de tête pour trouver la meilleure version du jeu qui me permettrait et de faire de bonnes captures vidéo et de jouer sans encombre, j’ai bien failli plusieurs fois tout jeter à la corbeille et partir sur un autre point’n click à vous présenter. Mais en tant que têtu bi-classé obstiné, je me suis acharné et voilà le résultat. En espérant que cet épisode vous plaira autant que les précédents !

Illustration utilisée pour l'en-tête : CKY1988

La folie fait loi

Dans Sanitarium, la folie en son sens le plus pur est traitée d’une manière tout à fait remarquable. Malgré une vue en 3D isométrique qui nous éloigne grandement de notre héros, Max, nous vivons littéralement et à travers ses yeux toutes les hallucinations délirantes dont il est la victime. Après tout, est-ce bien raisonnable de croire qu’une clé permettrait de réanimer une statue de déesse trônant au milieu d’un asile de fou et qu’elle nous implorerait en guise de remerciement de sauver les enfants du village ? Oui, c’est absurde et pourtant, c’est le destin de Max que de vivre tout un tas de scènes grotesques et de prime abord, sans queue ni tête.

Et pourtant, par-delà les délires de notre homme, nous entrevoyons un lien, une vérité bien tangible qui se délie du brouillard malsain dans lequel nous sommes maintenus depuis le début du jeu. Assurément, la grande force de Sanitarium est son scénario, qui est diffusé au compte-goutte à travers les flashbacks d’un héros amnésique. Encore un me direz-vous. Oui, j’en conviens, l’amnésie a décidément été bien trop exploitée dans l’imaginaire, que ce soit au cinéma, en littérature ou dans le jeu vidéo. Mais ne partez pas tout de suite car ici, les troubles de la mémoire de Max servent admirablement nos intérêts de joueur grâce à un scénario bien amené, parfois un peu obscur mais qui ne trébuche que pour mieux s’en relever.

Une suite spirituelle tombée dans les limbes

Lorsque j’ai terminé Sanitarium pour la première fois, j’avoue avoir presque été déçu par la fin un peu trop expéditive. Bien entendu, je ne vous la révélerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise mais après réflexion, je me suis persuadé que Sanitarium avait la fin qu’il méritait, ni plus ni moins. Toutes les questions sont clarifiées et celles qui restent dans l’ombre peuvent être éclaircies avec un peu de recul et d’analyse. Par ailleurs, la montée en puissance émotionnelle de certains passages (toute la fin du chapitre 3 sur la sœur de Max, une véritable leçon de narration) suffit à nous laisser un sentiment de grande réussite et toute l’équipe de DreamForge Intertainment de l’époque peut se féliciter pour nous avoir offert une œuvre certes imparfaite (ne me lancez pas sur la maniabilité, une horreur !) mais qui aura marqué d’un soupçon de folie les joueurs qui auront pris la peine de le terminer au moins une fois.

En parlant de l’équipe ayant développé le projet, certains d’entre eux se sont retrouvés fin 2013 sous la bannière du studio Sword & Spirit Software pour lancer une suite spirituelle à Sanitarium : Shades of Sanity. Comme beaucoup, ceux-ci ont opté pour la voie sans éditeurs et en comptant sur le soutien des fans pour faire financer le projet sur Kickstarter. Bilan : Un peu plus de 15.000 $ récolté sur les 200.000 demandés, une campagne annulée et un silence radio des plus inquiétants quant à son avenir. C’est dommage et un peu triste à la fois car d’une part, Shades of Sanity s’inscrivait à la fois dans la droite lignée d’un Sanitarium mais en s’inspirant de succès plus récents, comme Amnesia. D’autre part, je suis convaincu que Sword & Spirit Software aurait pu nous livrer un jeu de qualité qui en 2015, aurait eu sa place dans le genre puzzle-game horrifique à la première personne. Dommage…

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